« Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur. Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite. »

Marianne Williamson, Un retour à l’amour (1992)

Une phrase souvent attribuée, à tort, à Nelson Mandela.

Vous touchez au but, et quelque chose en vous tire le frein. Et si ce n’était pas la peur d’échouer, mais la peur de réussir ?

Le devis est prêt depuis mardi. Le montant est juste, la cliente attend, il ne reste qu’à cliquer sur « envoyer ». Et pourtant, vous le relisez une dernière fois. Puis vous fermez l’ordinateur. Demain, peut-être. Le soir même, une grande fatigue vous tombe dessus, comme par hasard.

Et si ce n’était pas la peur d’échouer qui vous retenait, mais la peur de réussir ? L’idée peut sembler étrange : qui aurait peur de ce qu’elle désire ? Pourtant, je rencontre souvent ce frein dans mon cabinet de Villeneuve-d’Ascq, chez des femmes qui avancent bien, jusqu’au moment où tout devient possible.

Dans cet article, je vous propose de comprendre ce frein qui serre juste avant l’arrivée, et surtout ce qu’il protège. Car il protège souvent quelque chose de précieux : un lien, une place, une fidélité envers les siens. Et vous verrez par où commencer pour vous autoriser à réussir.

En résumé
  • La peur de réussir, ou peur du succès, est la crainte souvent inconsciente de ce que la réussite va changer dans votre vie et dans vos liens.
  • Elle se manifeste surtout juste avant l’aboutissement : un devis qu’on n’envoie pas, un lancement repoussé, une fatigue qui tombe au mauvais moment.
  • Une de ses racines fréquentes est la loyauté familiale : réussir peut donner l’impression de trahir ou de quitter les siens.
  • Ce n’est pas un diagnostic, mais un mécanisme décrit dès 1916 par Freud, puis par Maslow sous le nom de « complexe de Jonas ».
  • Elle s’apprivoise pas à pas, en comprenant ce qu’elle protège et en s’autorisant à aller un peu plus loin à chaque fois.

Qu’est-ce que la peur de réussir ?

La peur de réussir, en une phrase

La peur de réussir, ou peur du succès, est la crainte, souvent inconsciente, des changements qu’apporterait la réussite : être plus visible, être jalousée, s’éloigner des siens ou trahir une loyauté familiale. Elle pousse à freiner ses projets au moment précis où ils pourraient aboutir.

La peur de réussir ne dit pas « je n’y arriverai pas ». Elle dit plutôt : « si j’y arrive, qu’est-ce que je vais perdre ? » On peut vouloir de tout son cœur ce que l’on redoute en secret. Les deux ne s’annulent pas, ils cohabitent.

Cette peur a reçu plusieurs noms. Dans les années 1970, la psychologue américaine Matina Horner a étudié la « peur du succès » et l’a d’abord crue propre aux femmes. Les recherches suivantes ont nuancé : cette peur existe bien, mais elle touche aussi les hommes. Le psychologue Abraham Maslow, connu pour sa pyramide des besoins, parlait lui de « complexe de Jonas » : la peur de nos plus belles possibilités, qui nous fait fuir ce que nous pourrions devenir, comme le prophète Jonas fuyait la mission qui lui était confiée.

Ce ne sont pas des diagnostics. Ce sont des mots pour reconnaître un mouvement intérieur très humain, que beaucoup de femmes connaissent sans pouvoir le nommer.

Peur de réussir ou peur d’échouer : quelle différence ?

La peur d’échouer redoute de ne pas y arriver ; la peur de réussir redoute ce qui se passera si l’on y arrive. Vues de l’extérieur, elles se ressemblent. La différence se voit au moment où le frein serre.

Peur d’échouerPeur de réussir
Ce que l’on craintNe pas y arriver, être jugée incapable.Y arriver, et tout ce que cela va changer.
Quand elle se manifesteAvant de commencer, au moment de se lancer.Quand le but approche, juste avant l’aboutissement.
Ce que l’on se dit« Je ne suis pas assez douée. »« Pour qui je me prends ? »
Ce qu’elle protègeL’image de soi, la fierté.Les liens, la place dans la famille, le sentiment d’appartenance.
À quoi on la reconnaîtOn ne commence pas, ou on prépare sans fin.On avance bien, puis on freine au dernier moment.

42,7 %

des personnes qui voient une occasion d’entreprendre en France citent la peur de l’échec comme un frein. La peur de réussir, elle, ne se mesure pas : elle se cache souvent derrière la première.

Global Entrepreneurship Monitor (GEM), données France 2024

C’est pour cela que la question du titre n’a rien d’absurde : on peut avoir peur des deux à la fois, et obtenir le même résultat, un projet qui n’avance plus.

Pourquoi je me sabote juste avant de réussir ?

On se sabote juste avant de réussir parce que c’est à ce moment-là que le changement devient réel. Tant que le succès reste lointain, il ne menace rien. Quand il approche, une part de nous tire le frein. Cela peut prendre bien des visages :

  • Le devis qu’on n’envoie pas. Vous le relisez quatre fois, vous changez un mot, puis vous le laissez dans les brouillons « jusqu’à demain ».
  • Le lancement repoussé. La page est prête, mais il faudrait d’abord revoir le logo, attendre la rentrée, être un peu plus prête.
  • Le prix qui recule tout seul. Vous aviez décidé d’augmenter vos tarifs, et vous vous entendez annoncer l’ancien, avec une petite remise en plus.
  • Le mail qui reste sans réponse. Une belle proposition arrive, vous pensez « quelle chance », puis vous la laissez filer jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

Ce que Freud avait déjà remarqué

En 1916, dans un texte intitulé « Ceux qui échouent devant le succès », Freud s’étonne de personnes qui flanchent au moment même où leur vœu le plus cher se réalise, comme si elles étaient « incapables de supporter leur bonheur ». Il raconte l’histoire d’un professeur, choisi pour succéder à son maître, qui se déclare soudain indigne du poste qu’il espérait depuis des années. Pour Freud, on tolère un désir tant qu’il reste un rêve lointain, et l’on s’en défend dès qu’il approche de sa réalisation.

Une réussite aussi, ça bouscule

Nous imaginons volontiers que seuls les coups durs nous secouent. En 1967, les psychiatres Thomas Holmes et Richard Rahe ont classé les événements de vie qui demandent un effort d’adaptation. On y trouve des épreuves, mais aussi des moments heureux : le mariage, une promotion, et même une « réussite personnelle exceptionnelle ». Même désiré, un changement demande de trouver une nouvelle place. Il est donc normal de se sentir déstabilisée au moment où tout va mieux.

Se mettre des bâtons dans les roues pour se protéger

Les chercheurs Steven Berglas et Edward Jones ont décrit en 1978 un mécanisme appelé l’auto-handicap : on se crée soi-même un obstacle, pour pouvoir dire ensuite « c’est à cause de ça », plutôt que de risquer d’être jugée sur sa vraie valeur. Le devis envoyé trop tard, la préparation bâclée la veille : ces petits sabotages ont souvent cette fonction discrète de protection.

Le corps freine aussi

Il arrive que le corps prenne le relais. Certaines femmes remarquent une gorge serrée au moment d’annoncer un prix, ou une grande fatigue la semaine d’un lancement. Je ne dis pas que la peur rend malade. Je dis que le corps parle souvent avant les mots, et que ce moment-là mérite d’être écouté. J’ai détaillé cette mémoire du corps dans l’article Pourquoi suis-je bloqué dans ma vie ? Et si une fatigue ou un symptôme dure, parlez-en à votre médecin.

La loyauté familiale peut-elle freiner la réussite ?

Oui, la loyauté familiale peut freiner la réussite. Quand réussir revient à dépasser ses parents ou à quitter leur monde, une part de nous peut lever le pied pour rester fidèle aux siens, sans même s’en rendre compte. Ce n’est pas un manque d’amour pour vous-même. C’est souvent un excès d’amour pour les vôtres.

Les loyautés invisibles

Le psychiatre Ivan Boszormenyi-Nagy, l’un des fondateurs de la thérapie familiale, a parlé dès 1973 de « loyautés invisibles ». Selon lui, chaque famille tient une sorte de comptabilité silencieuse des dettes et des mérites entre les générations, et l’on peut y rester fidèle sans le savoir, parfois à ses propres dépens. La peur de réussir peut se lire à cette lumière : réussir là où ses parents ont peiné donne parfois l’étrange sensation de les laisser derrière soi.

Quand réussir, c’est changer de monde

Le sociologue Vincent de Gaulejac a recueilli 600 histoires de personnes qui avaient changé de milieu social. Dans La Névrose de classe (1987), il décrit les tiraillements entre l’identité dont on hérite et celle que l’on construit, et la place qu’y prend la honte. La philosophe Chantal Jaquet préfère parler de « transclasses » plutôt que de transfuges, un mot qui suggère la trahison. Elle décrit ces personnes qui vivent entre deux mondes, « entre honte et fidélité ». Annie Ernaux l’a raconté dans La Place (1983) : la distance qui se creuse, malgré l’amour, avec un père resté dans l’autre monde.

Vous n’avez pas besoin d’avoir changé de milieu pour ressentir cela. Il suffit parfois de gagner un peu plus, de vivre un peu plus librement, ou simplement d’oser ce qu’aucune femme de votre famille n’a osé avant vous.

Les phrases qu’on hérite

« L’argent, ça salit. » « Pour qui tu te prends ? » « Ce n’est pas pour les gens comme nous. » Ces phrases entendues enfant continuent souvent de parler à notre place. J’ai accompagné une femme qui portait, sans le savoir, cette croyance : « je n’ai pas le droit à une vie confortable ». Prononcée à voix haute, elle étonne. Vécue de l’intérieur, elle freine tout. Je vous raconte son histoire plus bas. J’en parle plus longuement dans l’article sur les croyances limitantes, et dans celui consacré aux blocages transgénérationnels.

Un vieux proverbe dit qu’il « vaut mieux faire envie que pitié ». Il vient de loin : chez l’historien grec Hérodote, c’est un père, Périandre, qui le dit à son propre fils pour le convaincre de revenir à la maison. Le dicton qu’on se répète pour se donner du courage porte lui-même une histoire de famille.

Qu’est-ce que la réussite risque de changer ?

Réussir change rarement une seule chose. On devient plus visible, on peut susciter de la jalousie, gagner davantage, et se demander si l’on mérite vraiment cette place. Ce n’est pas toujours la réussite qui fait peur. C’est la femme qu’il faudrait devenir pour la vivre.

Être vue. En 1792, le fabuliste Florian faisait dire à son grillon : « Il en coûte trop cher pour briller dans le monde. » La morale de cette fable est devenue un proverbe : « Pour vivre heureux, vivons cachés ». Beaucoup de femmes se la répètent sans le savoir. Pourtant, on peut briller sans tout perdre. Si vous vous reconnaissez, l’article sur la peur de se montrer prolonge cette idée.

Être jalousée. Un proverbe japonais dit que le clou qui dépasse appelle le marteau. On parle aussi du « syndrome du grand coquelicot », en souvenir d’un roi romain qui, chez l’historien Tite-Live, abattait les plus hauts pavots de son jardin. Cette crainte d’être coupée si l’on dépasse est très ancienne. J’en parlais dans « Oui ma belle, tu seras jalousée. Et alors ? »

Un coquelicot plus haut que les autres dans un champ doré : oser dépasser malgré la peur de réussir
Le plus haut coquelicot n’a pas à se baisser.

Gagner plus. Augmenter ses tarifs, gagner plus que ses parents, ou plus que son conjoint : l’argent concentre souvent toutes ces fidélités silencieuses. Si annoncer un prix vous serre la gorge, vous trouverez des pistes dans l’article Annoncer ses tarifs sans se justifier.

Se sentir légitime. Le sentiment d’imposture a été décrit en 1978 par les psychologues Pauline Rose Clance et Suzanne Imes. Il n’existe pas de chiffre unique : selon une synthèse de 62 études, les estimations vont de 9 à 82 % selon l’outil de mesure, et il touche les hommes comme les femmes. Même Michelle Obama confiait en 2018 avoir « encore un peu le syndrome de l’imposteur ». Vous retrouverez ce thème dans Le sentiment de ne pas être légitime.

Comment savoir si vous avez peur de réussir ?

Vous avez peut-être peur de réussir si vos projets avancent bien jusqu’au dernier moment, puis s’enlisent sans raison claire. Le signe le plus parlant, c’est le moment où le frein serre. Prenez un instant pour voir quelles lignes vous parlent.

  • Vous repoussez justement les tâches qui vous rapprocheraient du but : envoyer un devis, relancer, augmenter vos prix. C’est ce que je décrivais dans l’article sur le fait de repousser les actions importantes de son entreprise.
  • Vos projets avancent bien, puis s’arrêtent net quand l’aboutissement devient probable.
  • Il vous arrive d’être malade ou épuisée la semaine d’un lancement ou d’un rendez-vous important.
  • Un compliment vous met mal à l’aise, et vous le minimisez aussitôt.
  • Vous vous surprenez à penser « pour qui je me prends ? » quand vous imaginez votre activité grandir.
  • L’idée de gagner plus que vos parents, ou que votre conjoint, vous serre un peu la gorge.
  • Vous hésitez à partager une bonne nouvelle avec votre famille, comme si elle risquait de blesser.
  • Dès que tout va bien, vous culpabilisez ou vous trouvez un problème à régler, comme si le calme était suspect. Cela rejoint ce que j’écrivais sur le fait de culpabiliser dès qu’on s’arrête.
Ces signes ne constituent pas un diagnostic. Si vous cochez plusieurs lignes, ce n’est pas un verdict : c’est une piste, qui invite à regarder votre situation sous un autre angle.

Et si vous êtes entrepreneuse

Quand on est à son compte, c’est vous qui fixez vos prix, qui décidez de vous montrer, qui lancez ou non. Personne ne vous retient de l’extérieur, et c’est justement pour cela que le frein intérieur se voit autant. Et vous êtes de plus en plus nombreuses à vivre cette aventure :

  • 43 % des créateurs d’entreprises individuelles en France en 2024 sont des femmes, contre 29 % en 1987 (Insee).
  • 3 femmes sur 10 sont aujourd’hui dans une dynamique entrepreneuriale, contre 2 sur 10 en 2018 (Bpifrance Le Lab et Ifop).
  • Dans un baromètre du réseau Initiative Île-de-France auprès de 615 dirigeantes (un échantillon qui n’est pas représentatif de toutes les entrepreneuses), 93 % disent avoir déjà ressenti le syndrome de l’imposteur, et 56 % sous-estiment la valeur de leur offre.

La peur de réussir prend souvent ces visages : ne pas oser monter ses prix, ne pas relancer, ne pas demander. Pour certaines, entreprendre, c’est déjà sortir du chemin tracé par la famille. Réussir en plus peut sembler beaucoup.

Comment apprivoiser la peur de réussir ?

On apprivoise la peur de réussir en l’écoutant plutôt qu’en la combattant. Le but n’est pas de ne plus avoir peur. C’est de ne plus laisser la peur décider à votre place. Voici huit pistes, à prendre à votre rythme.

Comprendre ce qu’elle protège

  1. Écrivez « Si je réussis, alors… » Prenez une feuille et complétez dix fois cette phrase, sans réfléchir ni vous censurer. Relisez ensuite : les phrases qui vous serrent la gorge montrent souvent ce que votre peur cherche à protéger.
  2. Repérez le moment précis. Notez les fois où vous avez freiné juste avant d’y arriver, avec ce qui était en jeu à chaque fois. Vus côte à côte, ces moments dessinent un schéma, et un schéma qu’on voit perd déjà un peu de son pouvoir.
  3. Interrogez les phrases de famille. Listez les phrases entendues enfant sur l’argent, la réussite ou ceux qui « se croient plus haut ». Pour chacune, demandez-vous : est-ce que j’y crois encore, ou est-ce que je la porte par fidélité ?

Vous autoriser à avancer

  1. Restez fidèle autrement. Être fidèle aux siens ne demande pas de rester petite. Vous pouvez honorer ce qu’ils vous ont transmis, le courage ou le goût du travail bien fait, tout en allant plus loin qu’eux.
  2. Avancez par petites marches. Plutôt qu’un grand saut, choisissez le plus petit pas qui vous rapproche du but : envoyer un seul devis, augmenter un seul tarif. Pour moi, une réussite qui arrive par paliers effraie beaucoup moins qu’un changement brutal.
  3. Osez, même un peu. Sénèque l’écrivait déjà à son ami Lucilius : « Ce n’est point parce qu’il est difficile que nous n’osons pas ; c’est parce que nous n’osons pas, qu’il est difficile. » Le premier pas rend souvent le suivant plus léger.

Prendre soin de vous en chemin

  1. Écoutez votre corps au moment clé. Quand la fatigue ou la tension arrive juste avant une étape importante, posez une main sur votre ventre ou votre gorge et respirez quelques instants. Demandez-vous simplement : de quoi ai-je besoin pour me sentir en sécurité tout en avançant ?
  2. Partagez une réussite sans la minimiser. Cette semaine, racontez une petite victoire à une personne bienveillante, sans ajouter « mais ce n’est rien ». Et quand vous vous surprenez à freiner, parlez-vous avec douceur : le frein ne se desserre pas sous les reproches.

Mon approche : comprendre ce qui freine, puis le libérer

Dans mon accompagnement, tout commence par la prise de conscience. Quand une femme me dit qu’elle freine juste avant d’y arriver, nous cherchons ensemble ce que sa réussite vient bousculer : une phrase entendue enfant, une croyance, ou une fidélité silencieuse envers les siens.

Je ne donne jamais les réponses, même lorsque je perçois certaines choses. Je crois profondément que nous avons nos propres réponses en nous. Mon rôle est de vous aider à y accéder, et à prendre suffisamment de recul pour voir ce qui est juste pour vous.

Pour moi, comprendre ne suffit pas toujours. Vient ensuite le temps de la libération, qui touche les émotions et le corps, là où le frein continue de serrer. J’utilise pour cela notamment la méthode E.D.L.A. (Extraction, Dissociation, Libération, Ancrage) et la libération émotionnelle. Selon mon approche, la séance se termine par un soin énergétique, pour que l’énergie circule à nouveau.

« L’objectif n’est pas de devenir une autre personne, mais au contraire de se libérer progressivement de ce qui pesait ou freinait. »

Vous pouvez découvrir le déroulé de cet accompagnement sur la page de mon coaching transformationnel et équilibrage énergétique.

Mon accompagnement vient en complément d’un suivi médical ou psychologique, jamais à la place. Il fait partie de ma pratique et de mon approche personnelle, et ne constitue pas un traitement. Si cette peur s’accompagne d’une anxiété importante, de troubles du sommeil ou d’idées noires, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue.

L’exemple de Camille : « je n’ai pas le droit à une vie confortable »

Une situation que j’ai accompagnée

Je pense à Camille (son prénom a été changé pour préserver sa confidentialité). Elle est venue me voir avec une sensation déroutante : elle n’arrivait pas à se mettre en action pour son entreprise. Pourtant, elle faisait beaucoup de choses à côté. L’énergie était là, mais elle ne se dirigeait jamais vers son activité.

En creusant ensemble grâce à la méthode E.D.L.A., nous avons pu extraire la croyance limitante inconsciente qui l’empêchait de passer à l’action, et donc de réussir : « je n’ai pas le droit à une vie confortable ». Du coup, chaque action pour son entreprise était sabotée par cette croyance, sans même qu’elle s’en rende compte.

Camille n’était ni paresseuse ni désorganisée. Une croyance qu’elle ignorait décidait à sa place. La mettre en lumière, c’est souvent le premier pas pour cesser de lui obéir.

La peur de réussir : vos questions

Pourquoi j’ai peur de réussir alors que je le veux vraiment ?

Parce qu’une part de vous désire la réussite, et qu’une autre redoute ce qu’elle va changer : votre visibilité, vos revenus, votre place dans la famille. Les deux coexistent très bien. La peur de réussir n’est pas un manque d’envie, c’est souvent une protection. Elle cherche à préserver un lien ou un équilibre connu, au prix de vos projets.

Comment s’appelle la peur de réussir ?

On parle de peur du succès, une notion étudiée par la psychologue Matina Horner dans les années 1970. Le psychologue Abraham Maslow a aussi décrit le « complexe de Jonas », la peur de nos plus belles possibilités, et Freud évoquait dès 1916 « ceux qui échouent devant le succès ». Ce sont des notions qui aident à comprendre, pas des diagnostics médicaux.

Quelle est la différence entre la peur de réussir et la peur d’échouer ?

La peur d’échouer redoute de ne pas y arriver ; la peur de réussir redoute ce qui arrivera si l’on y arrive. La première freine souvent au départ, la seconde juste avant l’aboutissement. Elles peuvent coexister chez une même personne et produire le même effet : un projet qui n’avance plus.

Pourquoi je me sabote juste avant d’atteindre mon objectif ?

Parce que c’est le moment où la réussite devient réelle. Tant qu’un objectif reste lointain, il ne menace rien. Quand il approche, une part de vous peut freiner pour éviter ce qu’il va changer. Freud décrivait déjà ce phénomène en 1916. Il arrive aussi que le corps s’en mêle, avec une grande fatigue la veille d’une étape importante.

La loyauté familiale peut-elle empêcher de réussir ?

Elle peut freiner sans qu’on s’en rende compte. Quand réussir revient à dépasser ses parents ou à quitter leur milieu, une part de soi peut rester fidèle aux siens en se limitant. Le psychiatre Ivan Boszormenyi-Nagy parlait de « loyautés invisibles ». Pour moi, les reconnaître permet de chercher une autre façon d’honorer sa famille.

Comment savoir si c’est la peur de réussir qui me bloque dans mon entreprise ?

Regardez le moment où vous bloquez. Si vos projets avancent bien puis s’arrêtent juste avant d’aboutir (le devis non envoyé, le lancement repoussé, le prix que vous n’osez pas augmenter), la peur de réussir est une piste sérieuse. Si vous bloquez dès le départ, il peut s’agir plutôt de la peur d’échouer. Les deux peuvent aussi se mêler.

Sabrina, coach transformationnelle et énergéticienne à Villeneuve-d'Ascq

Un mot de Sabrina

Avoir peur de réussir autant que d’échouer n’a rien d’absurde. C’est souvent le signe qu’une part de vous tient à quelque chose de précieux : un lien, ou une histoire de famille. Cette part ne vous veut pas de mal. Elle a simplement besoin d’être entendue, et rassurée, avant de vous laisser avancer.

Vous n’avez pas à choisir entre réussir et rester fidèle aux vôtres. Vous pouvez emporter ce qu’ils vous ont transmis là où ils ne sont pas allés. Et si, cette semaine, vous vous posiez cette question : que feriez-vous si vous n’aviez pas peur ?

Sabrina ✦

Et si on regardait ensemble ce qui vous retient ?

Si vous vous reconnaissez dans ce frein qui serre juste avant d’y arriver, je vous propose d’en parler lors d’un appel découverte gratuit de 30 minutes, sans engagement. Nous verrons ensemble si mon coaching transformationnel peut vous aider à vous autoriser à réussir.

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Escale Lumineuse · en cabinet à Villeneuve-d’Ascq, dans la métropole lilloise, et à distance

Et si vous préférez commencer seule, à votre rythme, mes 5 méditations offertes peuvent être une première façon de vous accorder la permission d’aller plus loin.

Les sources de cet article

Les études et les auteurs cités décrivent des mécanismes psychologiques et sociaux. Ils ne portent pas sur les soins énergétiques et ne les valident pas. Ce que Sabrina apporte de sa pratique est présenté comme son approche personnelle.

  1. Insee, « Les créations d’entreprises individuelles en 2024 », Insee Première n° 2037, 4 février 2025. Lire l’étude
  2. Bpifrance Création, « La place des femmes dans le paysage de la création d’entreprise », d’après l’Insee. Lire la page
  3. Bpifrance Le Lab, Indice entrepreneurial français 2025, volet femmes (enquête Ifop auprès de 5 500 personnes), 6 mars 2026. Lire la présentation
  4. Global Entrepreneurship Monitor, « A year of contrast for entrepreneurship in France », données 2024. Lire l’article
  5. Baromètre Initiative Île-de-France auprès de 615 dirigeantes, présenté par TPE Actu, 5 novembre 2025. Lire l’article
  6. Bravata D. M. et al., « Prevalence, predictors, and treatment of impostor syndrome: a systematic review », Journal of General Internal Medicine, 35(4), 2020. Référence de l’étude

Les repères : auteurs et notions

  1. Freud S., « Quelques types de caractère dégagés par la psychanalyse » (1916), partie « Ceux qui échouent devant le succès », trad. M. Bonaparte et E. Marty, dans Essais de psychanalyse appliquée, Gallimard, 1933. Lire le texte
  2. Zuckerman M. et al., « Effects of fear of success on intrinsic motivation, causal attribution, and choice behavior », Journal of Personality and Social Psychology, 39(3), 1980 (sur les travaux de Matina Horner et leurs limites). Lire l’article
  3. Maslow A., The Farther Reaches of Human Nature, 1971, chapitre « The Jonah Complex ».
  4. Holmes T. H., Rahe R. H., « The Social Readjustment Rating Scale », Journal of Psychosomatic Research, 11(2), 1967. Référence de l’étude
  5. Berglas S., Jones E. E., « Drug choice as a self-handicapping strategy in response to noncontingent success », Journal of Personality and Social Psychology, 36(4), 1978. Référence de l’étude
  6. Boszormenyi-Nagy I., Spark G., Invisible Loyalties, Harper & Row, 1973. Voir la note du Bulletin de psychologie, 1986. Lire sur Persée
  7. Gaulejac V. de, La Névrose de classe. Trajectoire sociale et conflits d’identité, Hommes et Groupes, 1987. Compte rendu de C. Cloutier, 1988. Lire sur Érudit
  8. Jaquet C., Les Transclasses ou la non-reproduction, PUF, 2014. Recension de N. Martin-Breteau, La Vie des idées, 26 décembre 2014. Lire la recension
  9. Ernaux A., La Place, Gallimard, 1983.

Les citations et les proverbes

  1. Williamson M., A Return to Love, HarperCollins, 1992 (Un retour à l’amour, traduction courante). Sur l’attribution erronée à Nelson Mandela : Fondation Nelson Mandela, 2007. Lire la mise au point
  2. Florian J.-P. Claris de, « Le Grillon », Fables, 1792. Lire sur Wikisource
  3. Sénèque, Lettres à Lucilius, lettre 104, trad. J. Baillard. Lire sur Wikisource
  4. « Il vaut mieux faire envie que pitié » : origine du proverbe et passage d’Hérodote (Histoires, III, 52). Lire sur Expressio
  5. Proverbe japonais « deru kui wa utareru » et « syndrome du grand coquelicot » (Tite-Live, Histoire romaine, I, 54). Lire la présentation
  6. Michelle Obama, propos tenus à Londres le 3 décembre 2018, rapportés par Paris Match Belgique, 4 décembre 2018. Lire l’article
Cet article est proposé à titre informatif. Les études et les auteurs cités sont mentionnés à titre de repère et ne visent pas à établir un diagnostic individuel. L’approche énergétique et émotionnelle décrite relève de la pratique de Sabrina Escale, qui n’est ni médecin ni psychologue, et ne remplace pas un accompagnement médical ou psychologique. Ne modifiez ni n’interrompez jamais un suivi ou un traitement sans en parler au professionnel qui vous suit. En cas de détresse, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, joignable 24 heures sur 24.
Deux mains soulèvent une cloche de verre sur une flamme dorée : oser briller malgré la peur de réussir

Et si j’avais peur de réussir autant que d’échouer ?

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