Vous parlez très bien du travail des autres. Beaucoup moins bien du vôtre. Et au moment d’annoncer ses tarifs, quelque chose se complique.
Vous savez très bien parler de ce que vous faites. Demandez-vous de présenter votre ancien poste, l’entreprise pour laquelle vous travailliez, ou même le projet d’une collègue : les mots viennent facilement, clairs, assurés.
Mais dès qu’il s’agit de parler de vous, de ce que vous proposez aujourd’hui, quelque chose change. La phrase se complique. La voix hésite. Et au moment d’annoncer ses tarifs, vous sentez que vous êtes en train de vous justifier plus que de vendre.
Ce n’est pas un manque de conviction. Vous croyez sincèrement en ce que vous proposez, en ce que cela peut apporter à vos clientes. C’est justement ce qui rend la situation si déroutante : comment peut-on croire autant en son activité, et se sentir si mal à l’aise au moment de la vendre ?
Elle parle très bien du travail des autres. Moins bien du sien.
C’est une chose que je remarque très souvent dans mes accompagnements : des femmes capables d’expliquer avec précision et assurance le travail de leur ancien employeur, les missions qu’elles menaient pour quelqu’un d’autre, ou même ce que fait une amie entrepreneuse. Et puis, dès qu’il s’agit de parler d’elles-mêmes, quelque chose se bloque.
Ce n’est pas un hasard. Vendre le produit ou le service de quelqu’un d’autre, ce n’est pas la même chose que vendre ce que l’on a soi-même construit. Dans un cas, on parle d’un objet extérieur à soi. Dans l’autre, on parle de son propre temps, de sa propre expertise, d’une partie de ce qu’on a mis des mois, parfois des années, à construire.
Il n’y a plus d’intermédiaire entre ce qu’on vend et ce qu’on est.
C’est précisément cela qui peut rendre la vente de ses propres services si inconfortable, même quand on croit sincèrement en ce qu’on propose.
Annoncer ses tarifs, ce n’est pas la même chose que les justifier
Le prix qu’on justifie au lieu de l’annoncer
Il existe une nuance que j’observe très régulièrement. Certaines entrepreneuses savent parler de leur offre avec aisance, spontanément, sans difficulté apparente. Mais dès qu’elles arrivent au prix, quelque chose change de nature : elles ne l’annoncent plus, elles le justifient.
Ce qu’on s’entend dire
« C’est 300 euros, parce qu’il y a ceci, et cela, et puis j’ai aussi ajouté… »
La phrase s’allonge, les arguments s’empilent, et plus elle s’allonge, moins elle rassure.
Ce qu’il suffirait de dire
« C’est 300 euros. »
Puis se taire, et laisser la personne en face répondre. Un tarif annoncé n’a pas besoin d’être défendu.
Cette justification n’est pas de l’honnêteté commerciale. C’est souvent une façon de se rassurer soi-même, comme si elles avaient peur de ne pas proposer ce qu’il fallait.
Annoncer ses tarifs, c’est énoncer un montant et s’arrêter là. Les justifier, c’est ajouter des raisons que personne n’a demandées. La première posture suppose que le prix est juste. La seconde suppose qu’il faut le défendre, et c’est cette supposition, bien plus que le montant, qui se transmet à votre interlocutrice.
La relance qu’on évite, faute de savoir quoi répondre
D’autres entrepreneuses n’ont pas ce réflexe de justification, mais évitent une autre étape : la relance d’une personne qui s’est montrée intéressée.
Ce n’est pas un manque d’envie. C’est bien souvent la peur de ne pas savoir quoi lui demander, ou de ne pas savoir répondre à ses questions.
Résultat : la conversation reste en suspens. Ni le prix ni l’offre elle-même ne sont finalement évoqués clairement.
Ce que la vente vient parfois réveiller
Derrière ces deux réflexes, plusieurs pistes possibles peuvent exister : la peur du rejet, la difficulté à reconnaître sa propre valeur, un sentiment de légitimité fragile, ou encore des croyances limitantes plus anciennes.
Ces pistes ne concernent pas toutes les entrepreneuses de la même manière. Elles ne doivent jamais être lues comme un diagnostic automatique, mais comme des questions ouvertes. Ce sont souvent des blessures émotionnelles qui influencent l’entreprise sans qu’on les ait reliées à elle.
Le rapport à l’argent qu’on a hérité, parfois sans le choisir
Parmi ces pistes, le rapport à l’argent revient très fréquemment dans ce que j’entends en accompagnement. Certaines croyances familiales, transmises sans qu’on les ait choisies, continuent d’agir silencieusement.
Ces phrases ne sont pas toujours dites à voix haute. Elles s’expriment plutôt à travers un prix qu’on n’ose pas annoncer pleinement, ou une vente qu’on repousse sans trop savoir pourquoi. Ce sont parfois des schémas transmis sur plusieurs générations.
Se répéter qu’on a de la valeur ne suffit pas toujours à le ressentir
Il est tout à fait possible de connaître les techniques de vente, et de savoir ce qu’on « devrait » faire. Et de ne pas réussir à les appliquer sereinement, parce qu’un sentiment d’imposture continue d’agir en dessous. Cela ne veut pas dire que la stratégie commerciale ne sert à rien : elle reste utile, tout comme le travail plus intérieur. Les deux ne s’opposent pas.
On peut se répéter cinquante fois par jour qu’on a de la valeur, qu’on mérite de réussir, que son prix est juste. Si la croyance qui bloque n’a pas été identifiée à la racine, ces répétitions restent souvent au niveau du mental.
Elles ne changent pas réellement ce qui se passe au moment décisif. C’est le même mécanisme que celui que je décrivais à propos de la peur de se montrer sur les réseaux : les conseils justes ne suffisent pas quand ce n’est pas la méthode qui manque.
Ce que je constate, séance après séance
Ce que j’entends le plus souvent, ce sont des phrases très simples, mais qui disent beaucoup.
Ce sont des femmes qui savent, par ailleurs, parfaitement défendre le travail des autres. Annoncer ses tarifs est la seule chose qui leur coûte.
Une situation que j’ai accompagnée
Une femme de 55 ans est venue me voir après plusieurs années d’activité indépendante. Elle n’osait pas parler d’elle, encore moins vendre ce qu’elle proposait.
En travaillant ensemble, nous sommes allées du côté de blessures d’enfance assez profondes : ses parents n’avaient jamais vraiment reconnu sa valeur, jamais validé que ce qu’elle faisait était bien. Sans s’en rendre compte, elle avait continué, adulte, à attendre cette reconnaissance de la part de sa famille avant de pouvoir s’autoriser à se mettre en avant elle-même.
En allant se reconnaître elle-même, sans attendre que cette reconnaissance vienne de l’extérieur, elle a pu progressivement se libérer et commencer à parler d’elle. Aujourd’hui, cela fonctionne bien pour elle.
Le premier signe de changement, chez une cliente qui commence à se libérer, c’est souvent exactement cela. Le moment où elle se met, enfin, à parler d’elle-même. Annoncer ses tarifs vient ensuite, presque naturellement.
Quand annoncer ses tarifs se bloque dans la gorge, pas dans les arguments
Ce que j’observe, sur le plan émotionnel, au moment où une femme doit parler d’elle, de son tarif ou de sa légitimité, c’est souvent une forme de coupure : la gorge qui se noue, une chaleur qui monte, un stress qui s’installe. Les mots sortent difficilement, et bien souvent, le prix n’est finalement pas évoqué.
Dans la lecture énergétique que j’utilise, ces réactions correspondent à des charges émotionnelles accumulées dans le corps au fil du temps, qui finissent par créer ce qu’on peut appeler des nœuds énergétiques. C’est ce qui peut expliquer cette sensation de boule au ventre au moment précis où il faut parler de soi, de son tarif ou de sa valeur.
Dans mon accompagnement, j’utilise le coaching transformationnel, qui associe la bioénergie, la méthode EDLA, la méthode LEEL lorsqu’un traumatisme est présent, et la libération émotionnelle.
Mon regard, après plusieurs années d’accompagnement, est le suivant. Tant qu’on n’est pas allée voir les blessures profondes liées à la réussite ou à l’argent, souvent ancrées dans l’histoire familiale, le mental peut répéter des phrases positives autant qu’il veut. Ce qui se joue plus profondément en nous ne change pas tant qu’on n’a pas travaillé à la racine de la croyance.
Retrouver un tarif qui vous ressemble
Une des premières choses que je propose à une cliente, c’est de se positionner par rapport à la valeur réelle de ce qu’elle apporte à ses clientes.
Si un prix est limité par la peur, il ne reflète pas la vraie valeur de ce que vous proposez. Ce n’est pas un détail : c’est souvent tout l’enjeu.
Annoncer ses tarifs devient alors beaucoup plus simple, parce qu’il n’y a plus rien à compenser. C’est d’ailleurs ainsi que j’ai construit mes propres tarifs.
Oser poser un tarif aligné ne signifie pas prendre le risque de perdre des clientes. Cela signifie plutôt attirer celles qui vibrent avec cette valeur assumée.
Celles qui n’ont pas peur d’investir sur elles-mêmes, tout comme vous avez vous-même investi sur vous.
Se faire aider quand la volonté ne suffit plus
Il y a un moment où l’on peut sentir qu’on a « tout essayé » : les affirmations positives répétées, la volonté sincère de changer, et pourtant le même blocage revient dès qu’il s’agit de se vendre, de parler de soi, de poser un prix.
Même quand on parvient, une fois, à annoncer ses tarifs sans trembler, on retombe rapidement dans les mêmes travers. Le tarif reste minimisé, malgré tout le travail réellement fourni sur son activité.
C’est à ce moment-là qu’un accompagnement peut avoir tout son sens. Non pas parce que la volonté aurait manqué, mais parce que certains blocages ont besoin d’un regard extérieur pour être vus.
C’est le principe de mon parcours en trois rendez-vous.
En parler, simplement, avant de décider quoi que ce soit
Dans mon cabinet à Villeneuve-d’Ascq, à deux pas de Lille, je vous propose un premier appel pour comprendre votre situation et vérifier ensemble si mon accompagnement vous correspond. Cet appel est gratuit et sans aucun engagement.
Un mot de Sabrina
Si vous vous reconnaissez dans cette difficulté à parler de vous et à annoncer vos tarifs, ce n’est ni un manque de volonté, ni un défaut à corriger dans l’urgence. C’est une question qui mérite d’être explorée avec douceur, à votre rythme.
Sabrina ✨
Vos questions sur le fait d’annoncer ses tarifs
Est-ce normal d’avoir peur de vendre alors qu’on croit sincèrement en ce qu’on propose ?
Oui, c’est une situation très fréquente. Croire en son activité et se sentir mal à l’aise au moment de la vendre ne sont pas contradictoires : ce sont souvent deux choses qui se jouent à des niveaux différents.
Pourquoi je justifie toujours mon prix au lieu de l’annoncer simplement ?
Cette justification traduit souvent une peur de ne pas proposer ce qu’il fallait, plus qu’un vrai doute sur la qualité de ce que vous offrez. C’est une piste à observer, sans en faire une généralité valable pour toutes les situations.
Le rapport à l’argent peut-il vraiment venir de ma famille ?
C’est une piste possible parmi d’autres. Certaines croyances autour de l’argent ou de la réussite se transmettent silencieusement, sans qu’on les ait choisies, et peuvent continuer à influencer la façon dont on se positionne aujourd’hui.
Baisser mon prix peut-il résoudre ce blocage ?
Pas nécessairement. Si le prix est déjà limité par la peur plutôt que par un choix réfléchi, le baisser davantage ne traite pas la cause du blocage, et peut même l’entretenir.
Un accompagnement peut-il vraiment aider à mieux vendre ses services ?
Il peut aider, en particulier lorsque les mêmes réflexes reviennent malgré vos efforts. L’objectif n’est pas d’apprendre une technique supplémentaire, mais d’aller comprendre ce qui, plus profondément, empêche encore de vendre sereinement.
Ce blocage n’est pas toujours conscient. On peut se répéter les bonnes phrases, connaître les bonnes techniques, et rester malgré tout bloquée au moment de vendre, simplement parce que quelque chose de plus profond n’a pas encore été regardé.
Et si votre tarif n’avait pas à être défendu ?
Annoncer ses tarifs sans se justifier ne s’apprend pas comme une technique de vente. Cela vient quand ce qui se joue en dessous a été regardé. Si vous sentez que ce sujet vous concerne, parlons-en.
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