Cette action importante reste en haut de votre liste depuis des semaines. Si vous avez tendance à repousser les actions importantes de votre entreprise, ce n’est presque jamais un manque de motivation.
Il y a cette tâche, tout en haut de votre liste, depuis des semaines. Peut-être même depuis des mois. Pendant ce temps, vous avancez ailleurs : vous répondez à vos mails, vous rangez vos dossiers, vous peaufinez un détail qui, au fond, aurait pu attendre. Tout, sauf cette action-là.
Ce n’est pas qu’elle soit compliquée. C’est qu’à chaque fois que vous vous en approchez, quelque chose vous en détourne.
« Je n’y arrive pas » : quand la volonté ne suffit pas à passer à l’action
« Je n’y arrive pas », « je ne sais pas me mettre à l’action », « je suis fatiguée », « j’en ai marre ».
Ce sont des phrases que j’entends très souvent, et elles ont un point commun : elles ne parlent pas d’un manque d’organisation. Elles parlent d’un épuisement, d’une lassitude, d’une forme d’impuissance face à soi-même.
Vous savez que cette tâche est importante. Vous avez, la plupart du temps, le temps de la faire. Et pourtant, elle reste là, intacte, pendant que vous vous occupez de tout le reste.
Prospecter, fixer un prix, lancer une offre : les tâches qui résistent le plus
Certaines tâches reviennent plus souvent que d’autres dans ce que j’observe : prospecter, fixer un tarif, lancer une nouvelle offre. Ce n’est pas un hasard. Ces actions ont un point commun : elles vous exposent. Prospecter, c’est risquer un refus. Fixer un prix, c’est affirmer publiquement la valeur de son travail. Lancer une offre, c’est la soumettre au jugement du monde extérieur.
D’autres tâches, plus techniques ou plus discrètes, ne posent généralement pas le même problème. Ce n’est donc pas la difficulté de la tâche qui bloque, mais ce qu’elle implique d’exposition.
Ce que la tâche repoussée peut chercher à éviter
Derrière cette procrastination, on retrouve très souvent la peur d’échouer, la peur d’être critiquée, ou la peur d’être visible. Ces peurs ne sont pas systématiques. Elles ne concernent pas toutes les femmes de la même manière : elles restent des pistes à explorer, jamais un diagnostic automatique.
Ce qu’il est important de comprendre, c’est que la procrastination n’est presque jamais un manque de motivation. C’est bien plus souvent une façon, inconsciente, de se protéger de ce que cette action pourrait déclencher.
42,7 %
des personnes qui voient une occasion d’entreprendre en France citent la peur de l’échec comme un frein.
Global Entrepreneurship Monitor, rapport France 2024/2025 (Université de Montpellier et Montpellier Business School)
51 personnes observées à l’IRM
À Paris, une équipe de l’Institut du Cerveau a repéré la zone où se joue la décision de remettre à plus tard : le cortex cingulaire antérieur, qui met en balance l’effort et la récompense. Mathias Pessiglione, qui a codirigé l’étude, l’explique par « la tendance de notre cerveau à décompter plus vite les coûts que les récompenses ».
Institut du Cerveau (Inserm, CNRS, Sorbonne Université, AP-HP), Raphaël Le Bouc et Mathias Pessiglione, Nature Communications, 2022
La procrastination consiste à repousser une action qu’on sait importante, alors même qu’on a le temps de la faire. Pour les chercheurs en psychologie, ce n’est pas d’abord un problème de gestion du temps. C’est souvent une façon d’éviter l’inconfort émotionnel que cette action déclenche sur le moment.
Ce que je remarque, séance après séance
Sur le plan émotionnel, ce que je constate le plus souvent, c’est un épuisement réel, accompagné d’une culpabilité qui s’installe au fil des jours de report. Cette culpabilité, loin d’aider à passer à l’action, alourdit encore davantage le poids de la tâche.
Chez une cliente qui commence à sortir de ce blocage, il y a un premier signe de changement. C’est généralement l’apparition de ce que j’appelle la règle des 4P : le Plus Petit Pas Possible. Si la peur concerne la visibilité, par exemple, le plus petit pas possible peut être de publier un post sans montrer son visage. Ce n’est pas encore l’action complète qu’elle redoutait, mais c’est un début, et ce début change beaucoup de choses.
Quand le corps envoie un message qu’on n’a pas encore entendu
Sur le plan énergétique, dans la lecture que j’utilise, c’est souvent le plexus solaire qui se retrouve bloqué chez les femmes qui procrastinent durablement. Ce centre est lié à l’action et à la capacité d’avancer.
Une prise de conscience qui a changé la trajectoire de son entreprise
Une situation que j’ai accompagnée
Je pense à une cliente de 40 ans, venue me voir alors que son entreprise ne se développait plus comme elle le souhaitait. Elle ne savait pas exactement quoi faire pour la relancer, et c’est dans ce flou que la procrastination s’est progressivement installée.
En creusant ensemble, elle a compris que développer davantage son entreprise pourrait lui permettre de gagner plus d’argent. Et cette perspective réveillait chez elle l’impression de trahir sa famille, qui ne gagnait pas aussi bien sa vie. Cette racine était si invisible et si inconsciente qu’elle n’aurait probablement pas pu la voir seule.
C’est souvent tout l’intérêt de se faire accompagner : aller chercher ce qui échappe à notre propre regard. Précisément parce qu’on est trop proche de sa propre histoire pour l’observer de l’extérieur.
Ma manière d’accompagner ce blocage
Pour ce type de blocage, j’utilise toujours le coaching transformationnel, associé au soin énergétique. Cette association permet d’aller chercher la racine réelle de la problématique, plutôt que de rester à la surface du symptôme, et de la libérer progressivement.
Avancer d’un millimètre : la règle des 4P
La règle des 4P, le Plus Petit Pas Possible, part d’un principe simple : il n’est pas nécessaire de faire un grand bond pour avancer. Même un millimètre de progrès reste un progrès réel.
- Si prospecter vous paralyseCommencez par contacter une seule personne, ou même simplement préparer le message sans l’envoyer tout de suite.
- Si annoncer un prix vous bloqueÉcrivez-le d’abord pour vous, avant de le partager à qui que ce soit.
L’idée n’est pas de forcer un grand changement du jour au lendemain. Il s’agit plutôt de réhabituer progressivement votre système à l’idée d’agir, sans le mettre en état d’alerte à chaque étape.
Quand un accompagnement devient utile
Un accompagnement devient particulièrement pertinent quand, malgré une réelle volonté, vous n’arrivez pas à passer à l’action. Cela peut aussi être le cas quand la procrastination touche toujours le même type de tâches. Ou quand elle s’accompagne d’un épuisement qui ne s’améliore pas avec le temps. Ou encore quand vous avez déjà essayé plusieurs méthodes seule, sans changement durable.
Repousser les actions importantes : ce que vous pourriez vous demander
Est-ce normal de procrastiner alors que je sais qu’une tâche est importante pour mon entreprise ?
Oui, c’est une situation très fréquente. Savoir qu’une tâche est importante et parvenir à l’accomplir sont deux choses différentes, surtout quand cette tâche touche à l’exposition ou au jugement.
Pourquoi je procrastine seulement sur certaines tâches et pas sur d’autres ?
C’est souvent un bon indice. Les tâches les plus repoussées sont généralement celles qui vous exposent le plus : prospecter, fixer un prix, lancer une offre. Les tâches plus techniques posent rarement le même problème.
La procrastination peut-elle venir d’une peur de réussir plutôt que d’échouer ?
C’est une piste possible. Réussir peut impliquer des changements qu’on n’est pas encore prête, consciemment, à assumer pleinement, notamment dans son rapport à l’argent ou à sa famille.
Comment savoir si j’ai besoin d’un accompagnement pour ce blocage ?
Si vous avez déjà essayé d’avancer seule, avec de la volonté sincère, sans obtenir de changement durable, c’est souvent un signe. Un accompagnement pourrait alors vous aider à identifier ce qui reste invisible depuis l’intérieur.
La règle des 4P peut-elle vraiment suffire à elle seule ?
Elle constitue un excellent point de départ. Mais si le blocage est plus profond, ce petit pas peut avoir besoin d’être soutenu par un travail plus approfondi sur ce qu’il cherche à protéger.
Un mot de Sabrina
Si cette tâche vous attend encore en haut de votre liste, ce n’est pas que vous manquez de courage ou de sérieux. C’est peut-être une part de vous qui cherche simplement à vous protéger.
Alors aujourd’hui, ne lui demandez pas de tout faire. Choisissez le plus petit pas possible, et autorisez-vous à vous arrêter là. C’est déjà avancer.
Sabrina ✦
Et si vous en parliez ?
Ce blocage n’est pas un manque de discipline. C’est souvent une façon de vous protéger de quelque chose que vous n’avez peut-être pas encore identifié clairement. Si vous vous reconnaissez dans cet article, je vous propose d’en parler lors d’un appel découverte gratuit de 30 minutes.
Escale Lumineuse · Villeneuve-d’Ascq et à distance
Et si vous préférez commencer seule, à votre rythme, mes 5 méditations offertes peuvent être votre plus petit pas possible. Elles créent une ouverture à l’abondance, et à l’élan d’avancer.
Les sources de cet article
Des références de la recherche sur la procrastination et la peur de l’échec. Elles décrivent des mécanismes mesurés : elles ne portent pas sur les soins énergétiques et ne les valident pas. Ce que Sabrina apporte de sa pratique est présenté comme son approche personnelle.
- Steel P., « The nature of procrastination: a meta-analytic and theoretical review of quintessential self-regulatory failure », Psychological Bulletin, 133(1), 2007, p. 65-94. Référence de l’étude
- Sirois F., Pychyl T., « Procrastination and the priority of short-term mood regulation: consequences for future self », Social and Personality Psychology Compass, 7(2), 2013, p. 115-127. Référence de l’étude
En français
- Le Bouc R., Pessiglione M., « A neuro-computational account of procrastination behavior », Nature Communications, 13, 5639, 2022. Travaux de l’Institut du Cerveau, à Paris. Référence de l’étude
- Futura Sciences, « Où se cache la procrastination dans le cerveau et quand survient-elle ? », 27 mars 2023 (propos de Mathias Pessiglione et Raphaël Le Bouc). Lire l’article
- Global Entrepreneurship Monitor, Karim Messeghem et Frank Lasch, « A year of contrast for entrepreneurship in France », rapport France 2024/2025. Lire la synthèse
